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L'air Professionnel du Football Africain

Chronique Football 
 
 
Spécial France-Côte d’Ivoire 
 
La France et la Côte d’Ivoire ont, en matière de football, des relations qui remontent loin dans le temps. De nombreux joueurs ivoiriens ont évolué en France et une dizaine d’entraîneurs français ont conduit la sélection nationale ou des clubs. Petite rétrospective de ces figures marquantes. 
 
Une trentaine de footballeurs ivoiriens parmi l’élite du football français 
 
(MFI) Pour la saison 2004-2005, ils sont une bonne trentaine de footballeurs ivoiriens enregistrés dans les clubs de la Ligue 1 et de la Ligue 2 qui constituent l’élite du football français. Ils constituent, après les Sénégalais (une quarantaine), le groupe le plus important de joueurs issus d’Afrique noire. Même s’ils n’ont pas la stature et la notoriété de leur compatriote Didier Drogba, ex-sociétaire de l’Olympique de Marseille, certains d’entre eux se sont taillés une petite réputation. Parmi ceux-là, les sociétaires de l’AJ Auxerre Bonaventure Kalou et Kanga Akale, le défenseur de l’Olympique de Marseille Abdoulaye Meïté, le milieu de terrain du FC Nantes Gilles Yapo Yapo. 
 
Des Ivoiriens en équipe de France 
 
(MFI) Deux joueurs d’origine ivoirienne ont porté le maillot de l’équipe de France de football A. Il s’agit de Basile Boli (45 sélections de 1986 à 1993) et de Olivier Kapo (9 sélections depuis 2002). Ce dernier qui joue à la Juventus de Turin est toujours sur les tablettes du sélectionneur français. Un très grand nombre de joueurs originaires de Côte d’Ivoire sont passés par les équipes de jeunes ou par les espoirs. Roger Boli, le frère de Basile qui a mis un terme à sa carrière à la fin des années 1990, avait regretté de s’arrêter en équipe de France espoirs et de ne pas avoir pu jouer par la suite en sélection de Côte d’Ivoire ; à l’époque, les textes étaient stricts : un joueur ne pouvait pas porter le maillot de deux sélections nationales. 
 
Un ancêtre nommé Ignace Wogin 
 
(MFI) L’un des pionniers parmi les footballeurs ivoiriens en France est Ignace Wognin, décédé en 1999 à l’âge de 61 ans. Il a été le plus prolifique parmi les attaquants ivoiriens ayant évolué en France. De 1956 à 1966, il a joué à Sète, Angers, Lens et Limoges et a marqué 101 buts en championnat D1 et D2 confondus. D’autres grands attaquants ivoiriens se sont illustrés, notamment Jean Tokpa (décédé en 2002 à 68 ans), sociétaire du Racing Club de Paris dans les années 1950-1960 avec 79 buts et Sékou Touré (1958-1964) ; ce joueur disparu en 2003 à l’âge de 69 ans a été le meilleur buteur du championnat de France de D1 avec Montpellier en marquant 25 buts en 36 matches. Plus tard sont venus les Laurent Pokou, star dans son pays mais peu en vue en France (53 buts en 7 saisons). Dans les dernières générations, on a remarqué Joel Tiehi (83 buts en une dizaine de saisons en D1 et D2) et surtout Didier Drogba, l’un des meilleurs attaquants évoluant actuellement en Europe. 
 
Joël Tiehi et Saint-Joseph Gadji Celi parmi les supporters de Laurent Gbagbo 
 
(MFI) Tiehi et Gadji Celi figurent parmi les anciens sportifs proches du pouvoir politique en Côte d’Ivoire. Tiehi, ancien joueur du Stade d’Abidjan et de nombreux clubs français, notamment Le Havre et Lens, est proche des Jeunes patriotes et de son leader Charles Blé Goudé. Récemment, il avait appelé la rébellion au désarmement. Gadji Celi, milieu de terrain international de l’ASEC et capitaine de la sélection nationale lauréate de la CAN 92 à Dakar qui a évolué aussi trois saisons dans le club français de D2 de Sète (de 1986 à 1989), s’est reconverti avec bonheur dans la musique. Ses tubes sont très prisés dans son pays. Gadji Celi fait partie des musiciens qui ont apporté leur soutien au président Laurent Gbabo au début de la crise entre la France et la Côte d’Ivoire. 
 
Les frères Boli et l’oncle de Drogba 
 
(MFI) Le football ivoirien en France est aussi une affaire de famille. Trois frères Boli ont évolué à la même période en France. Si Basile est le plus connu, il y a eu Roger son frère aîné de deux ans qui a joué à Auxerre (de 1984 à 1988), à Lille et Lens (de 1989 a 1996) puis au Havre avant d’émigrer en Angleterre. A Lens, Roger Boli a été meilleur buteur du championnat de France en 1993-1994 avec 20 buts en 35 matches. Le cadet des Boli, Laurent né en 1972, a une carrière plus courte. Ce milieu de terrain a porté assez brièvement les couleurs de Paris Saint-Germain et celles de deux petites formations amateurs à Istres et Noisy-le-Sec (banlieue parisienne). Il s’est par la suite converti dans les affaires. Didier Drogba est lui le neveu de Michel Goba, un ancien joueur de l’Africa Sports d’Abidjan venu en France au début des années 1980. Goba était un attaquant qui a évolué dans des clubs de D2 du Nord de la France, notamment Dunkerque et Abbeville. 
 
De Guy Fabre à Henri Michel, les entraîneurs français en Côte d’Ivoire 
 
(MFI) Depuis les années 1950, une dizaine d’entraîneurs français ont marqué le football ivoirien. L’un des pionniers est Guy Fabre, entraîneur de l’Africa Sports dans les années 1950 et qui avait fait de ce pays sa seconde patrie. Parmi les entraîneurs français à avoir exercé en Côte d’Ivoire, on note Philippe Troussier. Quasi inconnu lorsqu’il arrive dans le pays, il a réussi d’excellents résultats avec le club ivoirien le plus populaire, l’ASEC d’Abidjan : trois saisons sans défaite et une centaine de succès toutes compétitions confondues. Jean Marc Guillou, à la base de « l’académie » de football de l’ASEC, a produit les brillants joueurs qui forment la crème de la génération dorée du football ivoirien. Moins heureux ont été les entraîneurs de la sélection nationale comme Pierre Pleimelding (CAN 1996) ou Robert Nouzaret (1998). Henri Kasperczak, avec un court mandat en 1994 lors de la CAN en Tunisie, avait fait entrevoir de réels espoirs. Henri Michel, ancien entraîneur de l’équipe de France, du Cameroun, du Maroc et actuel sélectionneur, peut espérer de meilleurs résultats avec la brochette de talents qui constituent l’équipe nationale de Côte d’Ivoire. Reste à savoir quelle sera l’influence de la crise actuelle sur le football et la sélection. 
 
La "génération Guillou" du football ivoirien  
Une équipe pleine d’avenir  
 
Dans la liste des 23 "Eléphants" ayant représenté la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde 2006, figurent 11 académiciens issus de la première école de football de Côte d’Ivoire, l’Académie Mimos Sifcom, née en 1994 du partenariat entre le légendaire club de l’ASEC d’Abidjan et le technicien français Jean-Marc Guillou. 
 
Les joueurs de l’Académie de football de Jean-Marc Guillou se révélèrent à toute l’Afrique en 1999. En 1998, l’année du cinquantenaire du club, c’est le sacre continental dans un "félicia" chauffé à blanc. Enfin, l’ASEC est devenu un grand d’Afrique. 
 
Avec cette victoire en Ligue des champions 1998, c’est la fin d’un cycle. Les Guel Tchiressoua, Badra Siby et autres Sié Donald sont appelés en Europe et doivent céder la place aux "Académiciens" comme le tout Abidjan se plait à les appeler. 
 
En février 1999, l’ASEC doit disputer la Super Coupe d’Afrique contre la mythique Espérance de Tunis. On décide de jeter dans le bain les "Académiciens". Les supporters mimos grognent. Personne, sauf Guillou et ses jeunes joueurs, ne croient au miracle, mais, le jour J, les frêles joueurs (les plus âgés avaient 18 ans) enthousiasment tout le stade transformé, à l’occasion, en cratère jaune et noir. Rayonnants de classe et de vitalité, ils étrillent les Tunisiens, pourtant au grand complet, avec toutes leurs stars (3-1). 
 
Une génération magique 
 
Les Copa Barry, Kollo, Junior, Zézéto, Madhino, Aruna, Baky rentrent dans la légende jaune et noir. C’est le début de l’ère des "Académiciens". 
 
Les convoitises naissent au grand jour. Tous les clubs nourrissent le rêve d’avoir les jeunes "Académiciens". Dès 2001, la saignée commença. Aujourd’hui, les héros de 1999, qui avaient enflammé pendant deux saisons le championnat ivoirien, sont en majorité en Europe. 
 
D’une moyenne d’âge de 23 ans, leurs prestations d’ensemble et leur marge de progression ont convaincu les observateurs qu’ils constitueront les piliers des "Eléphants" de la prochaine cuvée. 
 
Ce sont le gardien Boubacar Barry (KSK Beveren), les défenseurs Kolo Abib Touré (Arsenal), Emmanuel Eboué (Arsenal), Arthur Boka (Strasbourg), les milieux Didier Zokora (AS Saint-Etienne), Yaya Touré (Olympiakos), Romaric Ndri (Le Mans), Gilles Yapi Yapo (Young Boys), les attaquants Aruna Dindané (RC Lens), Bakari Koné (OGC Nice). 
 
D’autres "Académiciens", Venance Zézéto, Koutouan Tony, Arsène Né, Jocelyn Péhé, Constant Kaiper, Djiré Abdoulaye, Kanté Badjan, Lolo Igor, tapent d’ores et déjà à la porte de la sélection. Assurément, la génération Guillou n’a pas encore fini de faire parler d’elle et l’équipe des Eléphants de Côte d’Ivoire a encore de beaux jours devant elle. Rendez vous en Afrique du Sud dans quatre ans pour le démontrer. 
 
Ce fût le début de l'air des centres la formation football en Côte d'Ivoire. 
 
 
 
 
 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 18.01.2008
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